Rédigé le 16 février 2018 à 2:36 par , publié dans Actualités.

Des chercheurs du laboratoire Modèles insectes d’immunité innée (CNRS) ont mis en évidence un mécanisme original de reconnaissance des infections chez la mouche drosophile. Il permet de détecter l’activité des enzymes microbiennes responsables de la virulence, plutôt que des motifs moléculaires spécifiques des microorganismes, qui constituent des signaux de « non-soi ». Ces résultats sont publiés le 15 février 2018 dans la revue Molecular Cell.

L’immunité innée, commune à tous les organismes vivants, est la première barrière contre les infections. Pour se défendre, la reconnaissance des pathogènes est une étape cruciale. Dans les résultats qui viennent de paraître, F. Veillard, J.-M. Reichhart et leurs collaborateurs identifient un mécanisme moléculaire qui permet la détection des microbes pathogènes chez la mouche drosophile. Ils montrent pour la première fois comment un récepteur de l’immunité innée, Perséphone, peut être activé par un signal de danger, en l’occurrence les activités enzymatiques microbiennes responsables de la virulence.

Le mode d’activation du récepteur Perséphone décrypté

Le récepteur Perséphone  est lui-même une protéase ; il possède une région unique qui fonctionne comme un appât pour toutes les protéases étrangères à l’organisme, quelles que soient leur origine, type ou spécificité.

Une coupure dans cette région ne suffit pas à activer Perséphone, mais constitue la première étape d’une activation séquentielle : elle permet de recruter une autre molécule circulante de la famille des cathepsines, qui va générer la forme active de Perséphone. Une fois active, cette dernière transmet le signal conduisant à l’activation du récepteur Toll puis de la réponse immunitaire. Ces travaux montrent pour la première fois comment un récepteur de l’immunité innée, Perséphone, peut être activé par l’activité enzymatique de microbes pathogènes.

Ces résultats pourraient aboutir à l’identification de mécanismes apparentés chez les mammifères. De tels mécanismes, s’ils existent, pourraient expliquer en partie comment le système immunitaire humain est capable de faire la différence entre les bactéries et champignons pathogènes et les microorganismes sans danger tels que ceux constituant la flore microbienne.

Figure : La protéase circulante Perséphone est un récepteur immunitaire pour les protéases exogènes des pathogènes afin d’activer la voie Toll de l’immunité innée chez la drosophile. Perséphone active l’enzyme SPE, qui permet la maturation de la cytokine Spaëtzle et l’activation du récepteur Toll. © Florian Veillard.

 

Publication

The circulating protease Persephone is an immune sensor for microbial proteolytic activities upstream of the Drosophila Toll pathway. Molecular Cell. Najwa Issa, Nina Guillaumot, Emilie Lauret, Nicolas Matt, Christine Scaeffer-Reiss, Alain Van Dorsselaer, Jean-Marc Reichhart and Florian Veillard.

Molecular Cell, 69 (4), p. 539-550, 2018, ISSN: 1097-2765. doi:10.1016/j.molcel.2018.01.029

 

Contact Chercheur

Florian Veillard

Institut de Biologie Moléculaire et Cellulaire – Université de Strasbourg, CNRS

Modèles Insectes d’Immunité Innée (CNRS / UPR9022)

03 88 41 70 37 – f.veillard@ibmc-cnrs.unistra.fr

 

Contacts Presse

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Presse CNRS délégation Alsace I Céline Delalex-Bindner l T 06 20 55 73 81 l celine.delalex@cnrs.fr